Les
archives de chercheurs
Modératrices : Marie-Dominique
Mouton (Maison René Ginouvès)
et Véronique Ginouvès (MMSH
- Phonothèque)
Afin de préparer l'atelier voici une proposition de formulaire
pour un inventaire de fonds d'archives scientifiques
Il peut paraître étrange, à première vue, d'organiser
un atelier sur les archives des chercheurs au cours d'une rencontre sur "
les expériences d'édition électronique en SHS ".
En effet, dans la plupart des disciplines des sciences humaines, lorsque l'on
parle des " papiers " des chercheurs, on se focalise plutôt
sur les problèmes de collecte et de sauvegarde, et lorsque l'on associe
les termes " archives " et " électroniques " ou "
archives " et " numériques ", on évoque la plupart
du temps les problèmes posés par l'archivage des périodiques
en ligne, des bases de données, ou des sites web
Il est un fait que malgré les avancées réalisées
dans certaines disciplines comme la littérature et l'archéologie,
les archives des scientifiques et les données de la recherche n'ont pas
fait l'objet, en France, d'une politique concertée de sauvegarde et d'exploitation.
Il n'existe pas, comme ailleurs en Europe, de centres spécialisés
pour accueillir et traiter ce type d'archives, et aucune disposition administrative
ou corporative, contraignante ou même incitative n'a été
mise en uvre jusque là.
On en reste, pour le moment, au stade de la sensibilisation. Quelques colloques
ont été organisés en particulier par le Centre de recherche
en histoire des sciences et des techniques de la Villette ; plusieurs rapports
ont été rendus ou sont en cours de rédaction.
Dans ce contexte, poser le problème de la publication en ligne des archives
de chercheurs pourrait sembler prématuré. En fait ce n'est pas
le cas.
Les techniques actuelles de conservation et de description qui utilisent la
numérisation, les inventaires informatisés ou la constitution
de base de données permettent d'envisager très rapidement la diffusion
de l'information sur les fonds conservés.
Cette " publicité " sur les fonds déposés est
d'autant plus souhaitable que l'information et la transparence sont les seuls
moyens de rendre ces documents accessibles à tous, au lieu qu'ils soient
réservés à un petit nombre d'initiés. Et ceci quelles
que puissent être, par ailleurs, les modalités et les restrictions
de communication pouvant s'appliquer à chaque fonds.
Il est indispensable en effet de pouvoir identifier et localiser les fonds
d'archives lorsqu'on sait qu'ils existent, mais également de savoir où
trouver une information sur des matériaux, des données dont on
ne connaît même pas l'existence. Cette transparence est indispensable
quels que soient les buts assignés à l'étude de ces matériaux,
à savoir, par exemple : écrire l'histoire des disciplines et reconstituer
l'évolution des mécanismes de la recherche ; confronter les sources
sur lesquelles se fondent les grandes théories propres à chaque
discipline ; ou bien encore, confronter les corpus déjà disponibles
à des études et des analyses menées dans d'autres perspectives
ou avec d'autres outils méthodologiques.
A l'heure actuelle, du reste, on pourrait également envisager que, dans
certains articles - en particulier ceux publiés en ligne - des chercheurs
livrent les données sur lesquelles ils ont fondé leur travail
en même temps que les résultats élaborés de leur
recherche.
Par ailleurs, il ne faut pas oublier que la " publication " sur le Web d'informations sur des fonds d'archives, sous forme de descriptions, d'inventaires ou d'instruments de recherche, et la mise en ligne des données elles-mêmes ou d'un échantillon de données, est également, en soi, une activité éditoriale.
Pour terminer cette rapide introduction, on ne peut que se réjouir du cadre dans lequel cette réflexion va être menée. Les Maisons des Sciences de l'Homme rassemblent un nombre important de chercheurs provenant des différentes disciplines des sciences humaines. Ces chercheurs ont réuni, dans le cadre de leur travail, des documents qui se présentent sous formes diverses et comportent des données de nature différente (archives de fouilles, données économiques et politiques, recensements, enquêtes, notes de terrain, projets de recherche, notes de lecture, préparations de cours, de conférences, articles de collègue ). Or, si chacun pense " ses " archives différentes de celles des autres et posant des problèmes spécifiques et uniques, force est de reconnaître que quelle que soit la discipline d'origine d'un chercheur, des types de documents identiques se retrouvent dans l'ensemble des données collectées. On peut penser, de ce fait, que la confrontation des expériences, des difficultés rencontrées et des solutions apportées dans les différents cas, ainsi que l'explicitation des réticences, des craintes et des appréhensions des uns et des autres, se révèleront particulièrement fructueuses et productives.
D'un point de vue pratique, l'atelier sera consacré à la mise en commun des expériences des participants en matière d'archives scientifiques. A partir de l'exemple concret des fonds existants dans les différentes MSH on tentera d'analyser les problèmes rencontrés, les solutions apportées et éventuellement de déterminer les moyens collectifs qui pourraient être mis en uvre (stages, appel à l'intervention de spécialistes ).
Une attention particulière sera apportée aux expériences de présentation de fonds d'archives sur le web que ces expériences aient été réalisées ou non par les participants. Le groupe pourra de la sorte choisir une ou deux actions à réaliser et se fixer un calendrier.
On demandera à chaque participant de venir à l'atelier avec une
description même succincte d'un (ou de plusieurs) fonds d'archives scientifiques.
La description, sera réalisée, autant que possible, à l'aide
du questionnaire joint.
Quant aux expériences de présentation de fonds d'archives sur
le web, elles devront être précises, argumentées et si possible
illustrées.
Contacts :
Marie- Dominique Mouton Tél.
: 01 46 69 26 19
Véronique Ginouvèsl
Tél. : 04 42 52 41 13